Le 17 janvier 1871, pendant trois heures, la Sainte Vierge Marie illuminait le ciel de Pontmain devant quelques enfants. Seize ans auparavant, le tout nouveau diocèse de Laval, avait été voué à l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.
Monseigneur Casimir Wicart, évêque de Laval, ordonna tout de suite une enquête minutieuse sur l’événement et vint lui-même à Pontmain interroger les uns et les autres. D’autres investigations et interrogatoires furent menés par la suite, mais dès le 2 février 1872, par un acte canonique très déterminé, l’évêque prononça solennellement sa sentence. Il reconnaissait l’authenticité de l’apparition, approuvait le culte de Notre Dame de l’Espérance de Pontmain et appelait à la construction d’un sanctuaire.
L’abbé Michel Guérin étant mort après 36 ans de service à Pontmain, l’évêque faisait appel aux Missionnaires Oblats de Marie Immaculée comme animateurs des premiers pèlerinages et prédicateurs apostoliques dans toute la région de l’ouest. Il les avait connus quand il était évêque de Fréjus. Ils furent mis en charge le 1er octobre 1872. Par coïncidence, à la même époque, les Oblats furent aussi appelés à desservir comme chapelains la future Basilique du Sacré Cœur de Montmartre.
Moins d’un an plus tard, le 18 juin 1873, Mgr Wicart bénissait la première pierre du sanctuaire de Pontmain. C’était son chant du cygne : i1 allait mourir peu après.
Ses successeurs entrèrent tout à fait dans ses vues, et confirmèrent ses décisions, mais eurent un épiscopat assez court : 10 ans, 48 jours, huit mois, 5 ans, et 4 ans. Avant la fin du siècle pourtant, le 15 octobre 1900, Mgr Pierre Geay, consacrait la basilique.



Evidemment beaucoup de personnes faisaient déjà le déplacement de Pontmain, en carriole, mais souvent aussi à pied, et parfois venaient de très loin. Dès le premier anniversaire, le 17 janvier 1872, on comptait 8.000 pèlerins. L’affluence ne fit que croître avec les années.
On assistait à la messe de 10 heures dans la petite église paroissiale, puis on allait en procession à la grange et à la petite colonne élevée en souvenir de l’apparition ; on écoutait une instruction, et on revenait pour le salut du St Sacrement.
Mais pas de basilique encore. C’est à l’endroit de l’apparition que le sanctuaire se construisait. Le terrain qui s’appelait précédemment « Les Douves du Château », appartenait à Monsieur Morin du Tertre, mais à la nouvelle de l’apparition il s’était écrié joyeusement : « ce champ ne m’appartient plus ; la sainte Vierge me l’a volé ! »


En septembre 1873, pendant six jours se succédèrent près de 40.000 pèlerins venus de toute la région, doyenné par doyenné. « Autant d’hommes que de femmes, remarque un contemporain». Les rumeurs malveillantes ou alarmistes ne manquaient pourtant pas en cette époque agitée : « l’estrade s’est écroulée, il n’y a plus rien à manger, pas de place pour les carrioles, pourquoi aller là-bas, c’est la misère, cette croix rouge veut dire le sang, donc la guerre va recommencer etc »
Le 17 janvier 1877, on célèbre pour la première fois la messe dans le chœur de la nouvelle église. On a prié « comme aux 6 jours de 1873 ! » Les invocations plaisent beaucoup aux pèlerins. La chronique nous explique : « Ces acclamations lancées d’une voix forte et sonore par un prêtre et terminées par l’Amen solennel de tous les pèlerins étaient d’un effet saisissant et ont donné à la cérémonie le caractère d’une importante manifestation de foi ».
Le projet était d’élever un gigantesque clocher avec au sommet une statue de la Vierge. Mais le terrain n’était pas assez solide. La tour s’effondra et on dut se contenter des deux clochers déjà construits et d’élever la voûte à 35 mètres. Celle-ci fut posée en 1883.
Le 11 octobre 1896, grande fête pour la bénédiction du carillon. Le Père Achille Rey est supérieur des chapelains depuis trois ans après avoir été à Montmartre où il avait installé la plus grosse cloche du monde, la Savoyarde. Cette fois-ci, 33 cloches sont prévues... La journée entière est une immense fête. Mais le comble ce sera le soir, « après la récitation du Rosaire, lorsque sur la façade et au premier étage de la basilique, pendant que le P. Lemius, d’une voix tonnante, parlera à la foule, des projections lumineuses des professeurs du Collège de l’Immaculée Conception de Laval dérouleront sous les yeux de tous quelques poses des diverses phases de l’Apparition. Alors l’enthousiasme électrisera tous les cœurs et les chants s’élèveront pour chanter, chanter encore, comme on chantait le soir du 17 janvier ».


Le 15 octobre 1900 a eu lieu la consécration de la grande église. La cérémonie sera très belle et longue, rappelant les rites bibliques de la consécration du Temple.
En 1903, les Oblats, comme tous les autres religieux, étaient expulsés de France. Ils ne reviendront que longtemps après la première guerre mondiale. Heureusement, le clergé du diocèse avait pris leur relève.
En 1908, les 22-23-24 septembre, proclamation solennelle de la Basilique Notre Dame de l’Espérance de Pontmain, en présence de 2 archevêques, 4 évêques, 600 prêtres, 15.000 pèlerins.